Un marché constipant
A ceux qui disent : « laissez parler les experts » nous répondons : Expression libre !
Alors que notre époque regorge de paradoxes et de contradictions, alors que notre société est en mouvement permanent, alors que nous avons aujourd’hui accès à une quantité invraisemblable de ressources, de biens et de connaissances, nous constatons un climat généralisé d’apathie.
En cherchant les idéaux, nous nous heurtons au silence.
En cherchant l’énergie, nous rencontrons l’inertie.
Trop d’information
Nous sommes en permanence connectés à l’instant présent – soumis aux gueules affamées du scandale et à leur chantage. Une surenchère médiatique de véracité qui discrédite le vrai ; une apparence de logique qui s’apparente au grotesque ; un lieu de discussion où la discussion est absente ; une fausse abondance de faits qui nous convainc de ne pas faire – et nous conduit à choisir la passivité.
Le mythe de l’information entérine chaque jour son corollaire : le mythe de notre impuissance.
Aussi, face à cette prodigalité insensée d’informations contradictoires, nous prônons la désinformation active et revendiquons un droit inaliénable à diffamer.
Ceux qui savent et ceux qui ne savent pas
Si beaucoup de gens préfèrent se taire, c’est qu’ils ont peur du savoir. De fait, les médias actuels confirment chaque jour cette séparation entre ceux disent le vrai et ceux qui sont tenus de l’ingérer. Le critère caché de ce chantage est la prétention au réel, et plus encore, le discours de la responsabilité : « n’affirmez rien si vous n’en connaissez pas les conséquences – laissez les experts mesurer à l’aide de leur science ». En agitant la menace des conséquences, on prive les hommes de leur faculté de penser. On annule le présent au nom d’un improbable futur.
Le culte de la modération est castrateur – il réduit toute velléité de liberté à la sécheresse du « raisonnable » et au critère de la « faisabilité ».
Aussi, face au consensus soporifique de l’extrême centre, nous prônons l’expression libre et conflictuelle – Et préférons les vrais mensonges aux fausses vérités.
Implicite illicite
Les discours sur le réel coulent de tous côtés. Une fois les médias passés pour faire l’inventaire des soucis, on envoie le bataillon des savants : on diagnostique ici une pathologie, là un vice de fabrication, et voilà que les psychiatres, les sociologues et les réparateurs de tous crins qui s’affrontent verbalement pour imposer leur version des faits. On met en équation chacun des phénomènes que l’on rencontre – on les arrange, on les classes, on les ordonne comme une petite pharmacie. Un rapport singulier au réel : celui du collectionneur fiévreux, avide d’ajouter une pièce supplémentaire à son bestiaire.
L’obsession de l’analyse conduit au refus de l’implicite – à la négation de la sensibilité, de l’instabilité des humeurs, et en cela – nous ôte la liberté d’être malade.
Aussi, face à cet alignement de la norme, à cette réduction du réel à sa partie algébrique, nous prônons l’illogique et l’irrationnel – nous préférons mettre le monde en énigme, plutôt que de le mettre en équation.
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